Ferrer son cheval : décision absurde ?

Ferrer son cheval : une décision absurde ?

 

Que se passe-t-il dans le monde équestre moderne pour que la tradition du ferrage perdure alors que scientifiquement, il est démontré que cette pratique génère des désordres très pénalisants pour les chevaux.

Nous ne pouvons croire que l’ensemble des intervenants auprès des chevaux, qu’ils soient amateurs ou professionnels, manque à ce point d’intelligence pour ne pas comprendre une évidence dont les données sont largement accessibles à tous dans diverses publications.

En fait, la situation n’a rien à voir avec l’intelligence ou l’absence de réflexion. C’est au niveau sociologique que l’on peut mieux comprendre son caractère absurde. C’est ainsi que des propriétaires s’insurgent fermement contre des traitements inadaptés à l’endroit d’autres animaux… mais pratiquent le ferrage.

Pour une grande majorité d’équitants, la pratique du ferrage est un processus prioritaire.

Cette priorité s’impose au détriment du sens. La pratique prend le pas sur le sens. C’est la définition de l’absurde.

Le « process » ferrage est tellement prégnant qu’il engourdit toute réflexion.

Notre jugement est souvent biaisé tant nous aimons rentrer dans le moule. Pour les nouveaux arrivants, respecter la pratique du ferrage est la garantie de l’intégration immédiate dans la famille estampillée « monde équestre ».

Qu’il s’agisse de locomotion ou de respect des individus, le ferrage est un contresens. Mais ce n’est toujours pas le sujet : dans une situation absurde, le sens n’a pas sa place. Le groupe protège la pratique absurde puisque la pratique absurde protège le groupe.

C’est ainsi que les membres reconnaissants du monde équestre se trouvent dispensés de penser, de réfléchir sur la locomotion équine, pas par manque d’intelligence, mais par paresse, par facilité.

La remise en cause demande un tel effort et implique à terme une telle distance vis-à-vis de son groupe qu’elle n’est que rarement à l’ordre du jour. Malheureusement pour les chevaux, dans le monde équestre, encore trop peu de pratiquants passent les frontières de l’Absurdie.

Pour aider à s’évader du biais cognitif généré par la pratique du ferrage, il est simple de demander à un proche, qui n’a rien à voir avec le monde équestre et les chevaux, de se documenter sur les dégâts provoqués par le ferrage et de vous donner son avis sur la question… Il est difficile de faire accepter à un étranger de la « chose équestre » que le cheval se déplace sur ses ongles et ne sollicite pas son coussinet digital ! Une fois que le « candide » se sera documenté, il paraîtra tout aussi difficile de soutenir que le ferrage protège alors qu’il rend insensible.

Bref, celui qui n’aura pas subi le conditionnement du groupe restera distant face à la situation absurde.

Comments (5)

  • Perraudin Anne Marie

    Tout cela est dit de façon explicite et sensée . Un pied ne peut pas être plus fonctionnel que tel qu’il a été conçu , libre de toute contrainte, tout ajout ne peut que le handicaper ! Un chevreuil serait-il plus efficace dans sa course avec des semelles métalliques et contraignantes ? Insensé ! Ne nous écartons pas du naturel, la nature a tout prévu, à condition qu’elle puisse s’exprimer ! les vétérinaires sont souvent aussi les vecteurs de cette obsession du parage , surtout en cas de fourbure….. Merci en tout cas, de continuer la lutte contre ce fléau .
    Une adepte du naturel dans tous les domaines, dans la mesure du possible .

    • Jourdain,
      Il serait imbécile de fixer des abaques sur le temps d’adaptation, de transition post déferrage, tant le vivant est pluri factoriel. A quel âge votre cheval a été ferré, quelles sont ses conditions de vie, quel type de substrat parcours t-il quotidiennement… Je suis disposé à vous aider. Merci de m’écrire sur enoff@wanadoo.fr

  • Perronneaud Ferré Jean

    Belle promotion avec un beau marketing.
    Le cheval pied nue à l époque du prewalski et son mode de vie…oui
    Aujourd hui avec ce que l humain impose au cheval C est juste…impossible
    Seul bon sens et observation de l animal permettront de prendre la bonne décision.
    C est le même débat sue pour l alimentation et l hebergement

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :