Pareur podologue toiletteur onguliste

Larme au pied

Pareur, Podologue, ou plus simplement Toiletteur, Onguliste?

 : verbe transitif Procéder au parage d’une plaie.

: nm Nettoyage chirurgical d’une plaie avant sa réparation et sa suture.

Parer : provenc. et espagn. parar ; ital. parare ; du lat. parare, préparer

En matière d’intervention sur du vivant et à la lecture des définitions lexicales, le pareur est donc celui qui nettoie une plaie en vue de sa réparation. Or le sabot n’est pas une plaie. Cette terminologie ne correspond donc pas. Pas de parage, pas de pareur et pas plus d’existence légale du terme « parage équin ». Que l’on soit maréchal ferrant ou que l’on se dise « pareur », entretenir une production épidermique ne place pas l’intervention dans le cadre d’un acte chirurgical. De plus, ni les maréchaux ferrants, ni les « pareurs », ni les « podologues équins » n’ont reçu de formation en médecine vétérinaire.
Forts de leur puissant lobby soutenu par un corps vétérinaire traditionnel d’un autre âge, et surtout craignant de voir un juteux marché leur échapper, les maréchaux-ferrants s’approprient, via une directive, le mot parage. Ainsi, celui qui fera acte de parage sans être passé par la case maréchalerie sera traîné devant les tribunaux. Laissons donc le terme « parage » aux maréchaux-ferrants. Nous verrons plus loin quelle nomenclature il convient d’adopter pour qualifier l’intervention sur les sabots, afin de ne pas froisser ni les maréchaux ni les juges appelés à trancher.

Si votre Parage se rapporte à votre Ramage, vous êtes le Phénix des hôtes de cette jungle !

Naturel : adjectif. Qui appartient à la nature d’un être, d’une chose.
Pour se démarquer des ferreurs, le mouvement « chevaux pieds nus », a choisi d’accoller l’adjectif naturel  au mot parage.
On comprendra facilement que cet adjectif permet de se différencier de la pose du fer, qui elle est contre nature. Constatons qu’aujourd’hui la qualification « parage naturel » est adoptée et entendue par tous comme étant une intervention visant à entretenir les sabots sans la présence du fer. Dont acte.
Cependant, pour impressionner les clients propriétaires de chevaux, nombre d’intervenants sur les sabots des chevaux se déclarent « podologue » équin.
Podologue : nom. Professionnel spécialisé dans le traitement des différentes maladies et atteintes du pied.

En matière équine, la qualification professionnelle podologue n’a aucune reconnaissance légale ce qui pose question. Le sabot est la protection de la partie distale du doigt. Nous ne parlons donc pas du pied mais bien du bout du doigt. D’ailleurs, comment en intervenant sur une production épidermique peut-on prétendre modifier la posture d’un individu ? Comment en taillant un ongle, en l’occurrence la paroi du sabot, peut-on prétendre modifier la locomotion d’un individu. Il est juste possible d’éviter sa dégradation.

C’est une imposture que d’affirmer faire de la podologie en taillant un ongle !

Ceux qui se présentent abusivement en podologue équin se tirent une balle dans le pied en clamant haut et fort qu’ils font acte de parage et le font mieux que les maréchaux ferrant ou que les vétérinaires.
Provocation aussi paradoxale qu’inutile. Ceux qui entretiennent les sabots libres ayant des objectifs différents, interviennent d’une manière complètement différente de celle des maréchaux.
Prétendre faire acte de parage et de podologie ne peut que vous placer en marge de la loi régissant l’acte médical. Le juge sollicité par les associations de maréchaux ne manquera pas de condamner ce qui va ravir les maréchaux trop heureux de garder leur privilège d’intervention sur les sabots.
Heureusement pour les chevaux nous allons montrer que cet espoir est vain.

Les ongulistes toiletteurs

Toiletteur : nom masculin. Professionnel qui s’occupe du toilettage des animaux familiers : hygiène et entretien du poil, coupe des griffes, des ongles, épilation des oreilles, tonte ou coupe ciseau du poil, ou simplement un bon brossage permettant le démêlage et le retrait du poil mort.
Nous parlons ici des intervenants sur l’hygiène de la boîte cornée, sur les sabots -ne soyons pas présomptueux-. En entretenant la boîte cornée, nous ne faisons ni plus ni moins que de préserver la fonctionnalité du sabot. La fonction créée l’organe mais quand celui ci est dégradé sa fonction en est elle-même dégradée. Ne pas entretenir les sabots les dégrade et pénalise par conséquence le déplacement du cheval. En revanche, nous ne pouvons pas modifier la posture de l’individu traité, nous ne pouvons en aucune manière modifier sa façon de se déplacer, modifier ses fameux aplombs en intervenant sur une production épidermique, mais nous pouvons par négligence altérer gravement le déplacement et les structures.

Le toiletteur, l’onguliste, a un rôle essentiellement préventif.
Ce concept des aplombs n’est que l’héritage de la période militaire caractérise par une vision absolutiste de l’uniformité, de l’uniforme. Or notre façon de nous déplacer constitue notre identité. Avant même d’avoir vu son visage, nous reconnaissons un individu par sa posture, par ses aplombs, par la manière dont il se  déplace. Nier cette façon personnelle de se déplacer c’est nier son identité propre. Prétendre la modifier en exfoliant les tissus dégradés, n’a pas de sens. C’est pourtant ce que prétendent faire certains « pareurs » qui pensent encore que la paroi -l’ongle- a pour fonction d’absorber l’énergie liée au déplacement. Aucun individu sur cette planète ne se déplace sur son ongle.

En résumé, point de podologue, point de parage et point de naturel. En fait ceux qui interviennent sur la boite cornée sont des ongulistes, des toiletteurs, tout comme ceux qui entretiennent la crinière du cheval. Ces ongulistes toiletteurs sont des agents indispensables pour assurer le bon fonctionnement de l’organe qui, quand il n’est pas entretenu, handicape le cheval. Souvent contraint sur un espace réduit et pollué, le cheval ne peut régler lui-même la problématique. Les causes de dégradation du sabot sont aujourd’hui identifiées et l’entretien de la boite cornée est reconnue comme étant un facteur signifiant pour garantir une locomotion harmonieuse. Des intervenants professionnels sont donc indispensables si le propriétaire n’a pas acquis de savoir-faire. Ces professionnels doivent juste, pour être crédibles, mieux fixer leur champ de compétence. En les accusant de l’exercice illégal de maréchalerie on risque fort de marcher sur la tête, un comble quand on parle de locomotion !

Est-ce que ce monde équestre est sérieux ?

Il est temps de croiser les savoirs en terme de locomotion équine et d’entretien des sabots. Le savoir se partage. Le savoir ne doit pas être dévoyé par des intérêts mercantiles.
La démarche passéiste du lobby du ferrage fait des ravages sur les chevaux mais ce n’est pas à coup de procédure que l’on taira ce savoir. Ce combat d’arrière garde ne fait que discréditer le monde équestre traditionnel. La corporation des vétérinaires reste bien à l’abri en envoyant les maréchaux-ferrants au front.
Au manque de savoir en terme de locomotion équine se greffe un manque de courage, de remise en cause et d’acquisition des bases de la locomotion. A sa décharge, ce corps vétérinaire n’est pas aidé par la position dominante dans la profession de mandarins producteurs et vendeurs de fers.

Les chevaux n’attendent rien du procès de tel ou tel. Ils attendent patiemment que les intervenants  cessent de faire n’importe quoi sur leur corps. Quand ce sont des soi-disant podologues qui mystifient de toute bonne foi leurs clients, alors qu’ils ne font que tailler des ongles, ce n’est pas grave l’important étant que l’ongle soit court, propre et bien « toiletté ».

Un entretien correct de la boite cornée est indispensable.

Quand ce sont des intervenants qui se permettent de clouer un morceau de ferraille sur leurs ongles c’est beaucoup plus dramatique. Et pourtant, le juge, souvent ignorant de locomotion équine mais suivant la réglementation, punit celui qui procure un mieux être à la demande de celui qui pénalise la locomotion des chevaux.
Est ce que ce monde équestre est sérieux !?!
C’est n’est pas en faisant croire que l’on est podologue alors qu’on taille des ongles, en prétendant que le ferrage est orthopédique ou en engageant des procédures que nous garantirons un mieux être aux chevaux.
Pierre ENOFF Septembre 2018

« Ne pas entretenir les sabots les dégrade et pénalise par conséquence le déplacement du cheval. »

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Apprendre à entretenir les sabots

« Podologues équins » devant les tribunaux. Suite .

Ceux qui interviennent pour l’entretien des sabots libres mais qui se qualifient de « pareurs » ou encore de « podologues », sont régulièrement traduits devant les tribunaux. Pour éviter d’être condamnés, ils et elles se précipitent pour s’inscrire à une formation de maréchal ferrant. Victimes d’un savant conditionnement, ce passage sous les fourches caudines de la maréchalerie est paradoxal. Il est surtout inutile si l’on souhaite exercer l’acte d’entretien des sabots libres, et très contestable au niveau déontologique.
Défendre les sabots libres et exercer l’acte d’entretien des sabots nus, pour le bien être des chevaux, ne doit pas passer par l’apprentissage du ferrage. C’est non seulement un contre sens mais cela ne peut que troubler les propriétaires de chevaux qui attendent des intervenants un professionnalisme serein et sérieux, et non une compromission désastreuse en terme de crédibilité. En effet, c’est par peur, par ignorance, que certains se soumettent à cette « règle » qu’imposent les syndicats des maréchaux ferrants.

Mais pourquoi avoir peur ? Pourquoi se soumettre ? Il n’y a aucune raison, sauf si, imprégné par le syndrome « maréchalerie », on prétend toujours et encore que le cheval se déplace sur son ongle et qu’en conséquence on fait de la podologie en le taillant. Cette absurdité conduit aujourd’hui devant les tribunaux, d’où cette faiblesse incongrue de faire allégeance en suivant une formation de maréchal ferrailleur.
Répétons-le à l’envie, affirmons-le haut et fort :
Non, le sabot n’est pas une plaie que l’on pourrait parer. En conséquence on ne pare pas un sabot, on l’entretien, on le toilette… Les mots ont un sens.
Non, le cheval ne se déplace pas sur son ongle –paroi-. En taillant l’ongle on ne fait pas de la podologie mais bien de l’entretien, du toilettage. Cet entretien est d’une importance capitale alors que le cheval est souvent limité dans ses déplacements et installé sur des sols pollués.
Laissons à la maréchalerie ses croyances, ses travers, ses contre vérités en terme de locomotion équine. Restons cohérents, ne nous compromettons pas en suivant une formation issue de la période militaire qui, pour justifier la pose du fer, explique à ses élèves que le cheval se déplace sur son ongle…

Pierre ENOFF 3 sept 2018

Rappel : La profession de toiletteur animalier ne nécessite pas de diplôme ce qui n’empêche pas de se former pour apprendre à entretenir correctement les sabots du cheval.

« Laissons à la maréchalerie ses croyances, ses travers… »

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