Ferrage Chevaux

Contexte Paradoxal

stage parage naturel

Et pourtant,

Pourtant je n'aime que toi !


Depuis plus de quarante années il m’est donné d’observer mes contemporains face à la remise en cause d’une solide institution dans le monde équestre traditionnel : le ferrage des chevaux.

De nombreuses études et observations se sont succédées pour démontrer les nombreux dégâts que génère la fixation par cloutage d’un bout de ferraille sur l’ongle du cheval. La première de ces études datent de 1809. C’est Bracy CLARK, vétérinaire anglais, qui lance le débat. Depuis grâce à de nouveaux moyens d’investigations – photos, vidéos, imagerie médicale… - les explications ont gagné en pertinence. En biologistes avertis, de nombreux vétérinaires, ont poursuivi la dénonciation de l’acte de ferrage. De mon coté, c’est en physicien que j’ai entre autre confirmé le contresens de contraindre le cheval à se déplacer sur son ongle, sa paroi, alors qu’il se déplace sur son coussinet digital protégé par la fourchette et les glomes. Cette notion élémentaire peut être comprise par tous…

Et pourtant…

coupe sabot

Alors que toutes les publications convergent pour démontrer que le ferrage détruit les chevaux et révèlent un acte inutile dès lors que l’on ne considère plus le cheval comme étant une machine de guerre mais comme étant bien un être sensible que le bon sens  et la loi nous invitent à respecter. Alors que toutes ces publications convergent, pas une seule ne nous annonce que le ferrage est anodin et que donc on peut ferrer le cheval sans risque pour sa santé.

Cette évidence factuelle devrait être prise en compte par tous les propriétaires de chevaux…

Et pourtant…

Pierre En

Sur les réseaux sociaux, le débat est vif. Les défenseurs du ferrage manque d’arguments. Ils n’y sont pour rien dans ce manque, il n’y a pas d’arguments favorables au ferrage. L’argument du ferrage c’est le cheval de guerre, le cheval outil. Cette époque est révolue ainsi le concept ferrage perdure sans argument.

Les inconditionnels du fer, forts dépourvus, s’en prennent aux personnes dénonçant le ferrage avec tant de véhémence que cela en devient ridicule. On pourrait même avoir un doute. Les abolitionnistes du ferrage n'auraient-ils pas instrumentalisé les ferreurs en sorte « d’idiot utile » tant les dérapages, les insultes, les menaces desservent la cause qu’ils souhaitent défendre ? Cette attitude dénuée de sens devrait alerter les équitants…

Et pourtant… Ceux qui sont persuadés d’aimer leur cheval continuent à ferrer leur cheval, alors qu’aujourd’hui tout le monde sur le net a accès aux informations concernant cette pratique. Certains tentent de libérer les sabots de leur compagnon après une période de ferrage. La période post ferrage est difficile. C’est une période post traumatique. Manquant de patience, il re-ferre et miracle le cheval, devenu insensible, repart sur les chemins caillouteux comme si de rien n’était. Enfin « rien » c’est beaucoup dire… Rendez vous dans quelques années quand insidieusement la modification lente et ravageuse de la suspension locomotrice aura fait son œuvre destructrice.

Stage Vendée mars 2016

La pression du plus grand nombre cautionnant l’acte du ferrage ne suffit à expliquer le paradoxe selon lequel on aime son cheval mais on n’admet pas qu’une pratique généralisée au moyen âge puissent être remise en cause fusse arguments à l’appui.

Il est commun de dire que les sabots libres conviennent à tous les chevaux, mais pas à tous les propriétaires qui se trouvent de multiples excuses pour justifier cet acte. Acte largement soutenu et incité par un corps professionnel référent qui, objectivement, trouve un intérêt économique majeur à la pratique du ferrage.

Nombre témoignages de personnes qui ayant compris l’importance du « pieds nus » sont surprises d’avoir considérablement réduit les frais liés à l’entretien de leur cheval. Elles en sont presque culpabilisées, comme si s’occuper correctement de son cheval passerait obligatoirement par le porte monnaie ou par l’intervention couteuse de professionnels « époque militaire ».

stage porta mars 2014

Quand on explique la problématique du ferrage à une personne n’appartenant pas au monde équestre, bizarrement elle comprend très vite que le ferrage doit être abandonné.

Notre cerveau a du mal à abandonner ses certitudes, ses croyances, a sortir du moule. C’est ainsi que tranquillement, au frais des chevaux, le contexte paradoxal du monde équestre perdure.

 

Son crédo :

Cheval mon ami,

En te ferrant

Je te détruis lentement

Mais surement

Et pourtant,

Pourtant je n’aime que toi !

 

Pierre ENOFF Juillet 2019

Gîte la Pastorale
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France

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