La Grande Illusion

Texte diffusé le 15 février 2018. Ce 31 janvier 2020, Emilie JAUFFRET a gagné son procès en appel.

Lire l’article évoquant l’arrêt du 30 janvier 2020  relaxant Mme Emilie JAUFFRET

            

 
Nous ne pouvons nous satisfaire de la décision prise par les services de la DDPP* de Haute-Savoie d’enlever, le 12 février 2018, les chevaux d’une propriétaire nommée Emilie JAUFFRET. Ces services sont victimes d’une illusion d’optique. Quand ils se rendent dans un grand centre équestre traditionnel, l’allée des cages s’allonge à l’envie, tout y est propre, chaque chose est à sa place, les palefreniers s’affairent en poussant leur brouette… Mais derrière la porte de chaque cage, que se passe-t-il ? L’enfer pour le cheval, la pire des conditions de vie pour un animal grégaire.
Derrière cette porte verrouillée de l’extérieur, un animal isolé, déprimé et qui vit sur ses excréments. Qu’a donc fait cet individu pour mériter le cachot ?
Pourtant, il a la loi pour lui, les fameux articles L214 et R214** – “Dans une cage exiguë l’homme ne t’enfermera point, tes besoins psysiologiques l’homme respectera…” et blabla et blabla. Balivernes !
Belle et bien exiguë, cette cage de 3 x 3 m pour un individu d’une demi-tonne qui passe sa vie entière sur ses excréments – urine et crottin -. Surtout, ne tentons pas l’argumentaire du « box propre ». Même paillé, même nettoyé quotidiennement, le séjour en box n’évite pas au cheval, qui défèque à bon rythme, de se retrouver rapidement sur ses excréments et ce heure après heure, jour après jour, sans pouvoir s’en écarter.
Besoins physiologiques respectés, dites-vous ? Non, il est nourri en discontinu alors que ses impératifs physiologiques le contraignent à disposer de sa nourriture en permanence…
Alors chers services de l’Etat, chère Miss DDPP. Qu’allez-vous faire ? Faire respecter la loi en interdisant la détention des chevaux en cages exiguës et déprimogènes ou allez-vous continuer à poursuivre uniquement les propriétaires des chevaux vivant à l’extérieur dans des paddocks, comme les chevaux en pleine forme d’Emilie.
Certes, chez Emilie, les conditions optimales ne sont pas réunies mais elles sont, pour les chevaux, bien moins pénalisantes que celles des centres équestres traditionnels, véritables prisons centrales. Gambader dans la boue ou déprimer à en bouffer sa cage ?
La grande illusion des écuries ou la boue, la neige, les copains, le foin à volonté, la vie, quoi! Miss DDPP a choisi son camp, elle n’aime pas la boue, peut-être préfère-t-elle les salons feutrés de la mairie ou encore la douce odeur d’ammoniac qui crame à petit feu les poumons des chevaux en cage dans des écuries illusoirement parfaites..
Miss DDPP, ne nous parle pas de réglementation ou alors, libère les chevaux embastillés au nom de cette même réglementation ! Ne dit-on pas que la loi est la même pour tous… Grande illusion !
Quand à toi, Refuge de Darwin, quand Miss DDPP t’a appelé pour organiser le rapt des chevaux pétillants et insoumis d’Emilie, tu n’as pas tilté que c’était de l’abus, que tu t’embarquais dans une histoire où la mairie n’est pas claire et semble bien co-responsable. Aujourd’hui tu te plains, tu censures, tu m’appelles. Voilà ce que je t’ai dit : personne n’est parfait, nous faisons tous des conneries. Juste, Refuge de Darwin, au lieu d’essayer de te justifier, demande des excuses à tous ceux qui ont peur de te voir débarquer avec ta copine DDPP parce qu’ils ont leurs chevaux dans la boue, qu’ils essaient de faire au mieux et d’ailleurs font mieux que de laisser leurs copains en prison.
 
Pierre ENOFF 15 février 2018
  • DDPP : direction départementale de la protection des populations.
  • Articles du Code rural et du Code de l’environnement.

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