Sécurité Publique : Interdiction du Ferrage des Chevaux.

Pour raison de sécurité publique et de protection de l’enfance,

le ferrage des chevaux doit être interdit.

Lettre Ouverte à Madame La Ministre des Sports

 

Pierre ENOFF

66760 Porta

                           Porta le 23 juillet 2020

 

Madame la Ministre

Ministère de la Jeunesse et des Sports

95 Avenue de France, 75013 Paris

 

 

Madame la Ministre,

 

Issu d’une école d’ingénieur en génie mécanique et gérant d’une structure équine et équestre depuis plus de quarante ans, j’étudie la locomotion équine et le comportement des chevaux.

Vous le savez sans doute, la grande majorité des chevaux destinés à l’équitation sont équipés de fers au bout de leurs doigts.

Mon regard de physicien m’a amené à dénoncer cette atteinte à l’intégrité des chevaux – « êtres vivants doués de sensibilité » selon le nouvel article 515-14 du Code civil –, qui nuit à leur bien-être, dégrade la relation inter-espèces et, surtout, met en danger les pratiquants de tous les sports équestres. Une telle analyse va à l’encontre des recommandations du corps vétérinaire *, dont les mandarins ont tout intérêt à ce que la situation perdure, non seulement parce qu’elle leur permet de multiplier leurs interventions mais aussi parce qu’ils vendent eux-mêmes des fers. Cette corporation est incapable, d’ailleurs, de produire la moindre étude démontrant l’innocuité du ferrage des chevaux. En revanche, de nombreuses études démontrent les altérations physiques et métaboliques provoquées par le ferrage – atrophie du coussinet digital, inhibition du retour veineux, altération de l’extérioception, perturbation du système locomoteur… -.

Toutefois, si l’on devait retenir un seul argument dénonçant le ferrage des chevaux, ce serait celui de la sécurité des cavaliers, au-delà du risque évident qu’une ruade d’un sabot ferré (cf coup de poing américain) bien plus à risque que celle d’un sabot libre.

Nous le savons, la présence de l’orthèse métallique fixée sur l’ongle du cheval ne permet pas son usure « normale » alors que l’ongle pousse bien sûr en continu. De plus, elle modifie la posture du cheval, ce qui n’a rien d’anodin. L’architecture musculo-tendineuse est le premier élément perturbé.

La pousse de l’ongle, sans usure possible en présence du fer, va avoir pour conséquence de réduire la distance entre les points d’attaches du tendon fléchisseur profond. Il va « flotter » entre ces deux points d’attache. Cette situation n’est physiquement pas tenable pour le cheval, un tendon devant être… tendu pour remplir sa fonction. Si les câbles d’un pont suspendu « flottent », le pont s’écroule. Pour ne pas « s’écrouler » et pour compenser le flottement de la partie tendineuse, le cheval « retend » ses tendons en faisant intervenir entre autres les muscles dorsaux.

La permanence de cette intervention anormale entraîne une inflammation puisque que les muscles ne sont pas faits pour travailler sans relâche.

C’est ainsi que le cheval ferré a mal au dos, alors que les chevaux sabots libres ne souffrent pas du dos.

La démonstration est simple : en appuyant avec ses doigts sur les dorsaux, un cheval ferré évite la douleur en se cambrant.

Cette douleur se situe exactement là où nous posons la selle. La conséquence est fâcheuse.

Certaines montures ferrées souffrent en silence, d’autres, ne supportant plus la douleur, « virent » leur cavalier. Ce concept du ferrage, issu de l’époque militaire, envoie de toute façon ses cavaliers au casse-pipe. Comment aujourd’hui pouvons-nous admettre que les institutions en charge de protéger les jeunes cavalières reçues en école d’équitation ou en centre de vacances, acceptent qu’elles soient placées dans des conditions à risques identifiées. Cette situation est intolérable.

S’il fallait un exemple pour illustrer mes propos, sachez que l’école d’équitation de l’agglomération du Grand Poitiers a enregistré, dans le mois suivant le déferrage de ses 40 chevaux, sept fois moins de chutes.

Pour raison de sécurité publique et de protection de l’enfance, le ferrage des chevaux doit être interdit.

Recevez, Madame la Ministre, mes salutations les plus distinguées.

 

Pierre ENOFF

En savoir plus sur le mal de dos des chevaux

* Merci aux rares vétérinaires qui respectent les impératifs biologiques des chevaux en ne préconisant pas le ferrage.

Commentaires (15)

  • tous les vétérinaires ne sont pas pourris !!!je confirme cette analyse appuie cette demande dénonçant moi même depuis des années cette mal traitance institutionnelle il faudrait parler aussi l Es maltraitances alimentaires eu égard à la physiologie digestive bien spécifique des équidés

    • François,

      Remarque tout à fait justifiée.
      Vous êtes rares à véritablement vous inscrire dans le respect des impératifs biologiques des chevaux.
      Vous êtes rares et d’autant plus précieux.
      Je porte un renvoi de précision au courrier.

      Merci et partant pour que nous diffusions une publication sur l’alimentation des chevaux.

      Amicalement

  • Bonjour , j espère de tout coeur que votre lettre ne restera pas sans une réponse positive bien sûr VOTRE combat pour le bien etre des chevaux est remarquable .
    Cordialement
    Mme Vassalo Patricia stagiaire chez vous 2013 je crois

  • Bonjour Pierre pouvez vous m’ expliquer le principe que le fer « détend » le tendon flechisseur profond ? Je ne comprends pas la cinématique… Cordialement Yohan

    • Yohan bonjour,

      De par la présence du fer, l’ongle ne pouvant s’user, la pousse, va, surtout au niveau des barres, modifier l’architecture osseuse. – les talons vont monter -. Le point d’attache du fléchisseur sur la troisième phalange va lui aussi monter. La distance des points d’attache va être ainsi réduite, ce qui provoque le « flottement » du tendon.
      En empêchant l’usure normale de la paroi, la structure osseuse du doigt est perturbée. Ce phénomène implique une perturbation spatiale de l’ensemble tendineux, principalement du fléchisseur.

  • Philippe Gerard

    Je soutiens totalement cette démarche, a laquelle je souscrit totalement pour mes chevaux personnels ainsi qu a travers mon enseignement de l equitation éthologique ainsi que dans mes écrits (articles dans la presse spécialisée) et livres (9 sur les equides). Un combat analogue s impose d ailleurs contre le maintien en box.

  • Et pour les chevaux à pieds plats on fait quoi et ceux nécessitant une ferrure orthopédique on fait quoi. Je pense qu’il est aussi nécessaire de laisser aux gens le choix de choisir.
    J’ai 2 chevaux 1 non ferré et 1 vieux ayant besoin d’une ferrure orthopédique
    Financièrement parlant je m’en passerai
    bien. Article intéressant cependant on ne change pas les aombs d’un vieux comme cela. Chevaux non ferrés pas toujours possible selon les cas.
    Au lieu d’écrire aux ministres des sports et d’essayer d’imposer votre souhait aux autres ce qui devient une dictature. Laissez chacun faire au mieux

    • Emilie,
      Merci pour votre commentaire.
      Vous vous posez la question en ce qui concerne les diverses pathologie liées aux sabots. nous les traitons sans la pose d’une orthèse rigide. je vous renvoie au paragraphe concernant les fers dits « orthopédiques » du memento impertinent. https://equi-libre.fr/site/medias-et-actualites/le-memento-impertinent/#orthopediques
      La vrai dictature c’est celle qui impose ces pratiques traditionnelles telle que le ferrage qui n’a qu’une justification militaire du temps passé mais toujours pas de justification scientifique.
      En matière de locomotion équine, chacun ne fera au mieux qu’en ayant acquis les bases du mouvement qui ne supporte pas la rigidité du fer !
      Merci de votre confiance.

  • Je parle de pathologie telle l eparvin n’est pas un problème de sabot et un ferrage orthopédique aidera. Je trouve quand même culotté que vous écriviez aux ministre des sport. Mon cheval celui qui est ferré n’a jamais trébuché. Je ne suis tombé qu’a nos debuts.
    Vous avez des points valables mais d autres non. Et je trouve un peu culotté que vous écriviez à la ministre des sport pour changer la vie de tout le monde dont ceux ne partageant pas vos idées

    • Emilie,
      Merci pour votre commentaire.
      Ne trouvez vous pas « un peu culotté » de planter des clous dans un animal ?
      Ne trouvez vous pas un peu culotté de taire l’origine de tous ces accidents du au mal de dos des chevaux ?
      Le ferrage orthopédique n’a rien d’orthopédique. Comment en fixant un morceau de fé
      raille sur un ongle peut-on dire que l’on fait de l’orthopédie. Le cheval ne se réceptionne pas sur son ongle, mais bien sur son coussinet digital protégé par l’ensemble fourchette et glomes.
      Cordialement

  • Monsieur,
    J’ai parcouru avec attention vos idées ainsi que vos arguments. Ces derniers sont parfois bons, parfois pas.
    Vous développez certains éléments liés à la biomécanique du pied. Vous restez cependant très « vague » et très peu précis sur les arguments anatomiques de vos propos. Exemple « perturbation spatial de l’ensemble tendineux »…. plus vague…on ne peut pas… . De même pour vos dires « mal de dos sensible au poser du doigt en zone dorsale de la selle »…. une hérésie.
    Je respecte votre position, qui dans certains cas peut se défendre. Je vous invite cependant à étayer vos propos.
    Vous parler du terme « orthopédie » , mais que connaissez vous à propos de cette discipline tant en médecine et chirurgie humaine qu’en médecine et chirurgie vétérinaire ? Etes vous médecin? chirurgien ? vétérinaire ? Vos prétentions « issu d’une école d’ingénieur en génie mécanique » ne que peu de crédit à vos propos; êtes vous un ingénieur diplômé ? de quelle Ecole ? quelle année? avez vous des compétences et une formation en biomécanique ? en orthopédie ? Peut-être que oui, mais encore une fois, étayez donc vos propos en vous appuyant sur des bases scientifiques claires et précises.
    Si, pour certaines situations (assez nombreuses il est vrai), le ferrage n’est pas nécessaire, je crois qu’il est malvenue de prendre position de façon générale et unilatérale. Entourez vous d’avis clairs, précis, argumentés et documentés.
    Si je me permets de vous répondre, c’est parce que je crois être qualifié pour le faire: je suis médecin chirurgien orthopédique humain ET vétérinaire pratiquant l’orthopédie régulièrement au moyen de l’ensemble des moyens dont nous disposons. Permettez moi cependant de conserver une petite part d’anonymat afin de ne pas être mêlé trop vite à la grosse toile de coton que vous semblez vouloir tisser sur le sujet.
    Cdt,

    • Michel,
      Dommage que vous n’ayez le capacité d’assumer votre identité, alors que dans un élan soutenu vous demandez à ce que j’affirme la mienne en l’étayant sur les connaissances des lois physiques qui régissent le sujet qui nous intéresse, la locomotion.

      Tout aussi paradoxal de vouloir participer au débat, à l’échange, tout en ne souhaitant pas y « être mêlé »? Nous avons tous nos contradictions…
      Restons donc sur cet anonymat et cette fausse pudeur, seul le message mérite notre attention.
      Il est toujours surprenant de constater que des professionnels ne soient pas alertés par le fait qu’en matière « d’orthopédie équine », la pose d’un bout de fer sur un ongle soit la règle incontournable. Sérieusement, pensez vous qu’il soit possible d’améliorer la locomotion d’un individu en lui fixant une orthèse métallique rigide sur son ongle. Nul besoin d’être un fin observateur pour comprendre que ce dispositif n’a pas de sens.
      La nature a mis des millions d’années pour réduire la masse en bout de membre par la réduction drastique du nombre de doigts pour réduire le moment, et l’humain fait de « l’orthopédie » en multipliant par cinq cette masse en bout de membre ?!? Orthopédie dites vous…

      Quand à l’hérésie que vous dénoncez, je ne peux que confirmer qu’avec la seule pression des doigts sur le dos d’un cheval ferré, le dos s’affaisse pour éviter la douleur. Je renouvelle régulièrement cette démonstration, malheureusement pour ces chevaux.

      Cordialement.

  • Bonjour

    Est ce que les chevaux ont le choix ? Si l homme lui impose , le mors , les fers , le boxe ?
    Chut …écoute ;
    le silence des chevaux…qui fait résonance en toi , et tu auras la réponse

    Pierre , j ai vécu , 4 transhumances, et je me suis libérée de tas de bloquages , grâce , à des chevaux, libres, sans contraintes!

    Bon vent …et merci pour ce partage
    de différents avis .
    Lydie

  • Bonjour,
    Vieille cavalière mais surtout vieille amoureuse des chevaux plus que des cavaliers ! Bravo pour vos propos mais ne pensez-vous pas que le ferrage des chevaux est lié, avant tout, à des motivations économiques ?
    J’ai observé qu’avec la soi-disante « démocratisation » de l’équitation, le cheval devenait un esclave et un faire-valoir pour ses adeptes….Comment apprendre aux jeunes cavaliers et aux nouveaux moniteurs d’équitation le minimum sur la connaissance, sur les vrais besoins de cet animal et sur sa souffrance ?
    Merci pour votre aide précieuse.

  • jean-marc frech

    bravo pour votre bravoure mais expliquer à une ministre des sports la bonne conduite à tenir est d’avance cause perdue , autant demander à un âne de passer une flaque d’eau; bon courage et de tout coeur avec vous

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :