Un mensonge institutionnalisé

Savez-vous qu’un mensonge est, année après année, enseigné dans les écoles vétérinaires ?
Ce mensonge est énorme : le cheval se déplace sur ses ongles, c’est donc un onguligrade… Plus c’est gros, plus ça passe !

Selon les circonstances, nous sommes tous victimes de croyances. Les détecter demande une attention permanente, une ouverture d’esprit.

Détecter un mensonge demande une expertise, un savoir dans le domaine où se cache la contre-vérité.

Autant nous pouvons comprendre qu’une personne qui enseigne la matière religieuse n’ai pas à se soucier de la vérité. Seules la foi, la croyance, guident alors l’enseignement et peu importe la rigueur scientifique.
En revanche, nous attendons d’un professeur d’école vétérinaire qu’il possède un savoir scientifique suffisant pour éviter d’enseigner une croyance.
Pourtant, fort de son statut, le transmetteur de savoir vétérinaire ment sans sourciller à ses élèves. Le fait-il parce qu’il n’a pas envie de chambouler le programme, étant établi que le mensonge est installé depuis des années et que personne n’y trouve à redire. Le fait-il pour ne pas troubler la corporation et se trouver ainsi mis au banc de par sa témérité à remettre en question cette pratique générant un commerce non négligeable. Le fait-il, sans questionnement, simplement parce qu’on lui a enseigné…
Au temps où les informations circulent à tout va, cette attitude particulière signale un caractère hermétique au savoir scientifique pourtant toujours remis en question au fil des découvertes, des études, des observations.
Même s’il est plus facile de croire à un mensonge que d’accepter qu’on nous a menti, un enseignant doit rester attentif à ce qu’il professe.
Remettre en cause la croyance du ferrage, dénoncer le mensonge selon lequel le cheval se déplacerait sur son ongle, semble bien toucher au sacré.
Cela nous renvoie à l’enseignement religieux. La religion du ferrage tord le cou aux bases de la locomotion équine et de la biomécanique.
Peu importe, le mensonge perdure de génération en génération d’élèves vétérinaires...

 

Le cheval n’est pas un onguligrade

Nous le savons aujourd’hui, l’observation et les études modernes le démontrent, le cheval n’est pas un onguligrade puisqu’il se réceptionne sur sa fourchette, élément protecteur du coussinet digital. Préconiser le ferrage, c’est contraindre le cheval à se déplacer sur ses ongles. Faire croire que le fer protège alors qu’il insensibilise est un contre-sens qui n’a rien à voir avec la science.
Que des propriétaires veuillent absolument contraindre leur cheval à se réceptionner sur ses ongles avec le fer est une chose. Dommage pour leur cheval.
Que l’enseignement vétérinaire persévère en mentant à ses élèves est plus grave. Et plus inacceptable encore lorsque des mandarins vétérinaires, s’érigeant en spécialistes de la locomotion, profitent de ce mensonge pour vendre des fers. Le conflit d’intérêt génère d’inévitables dérives.
Le cheval est la première victime de ce mensonge institutionnalisé. La relation que nous entretenons avec lui est elle aussi perturbée…
Espérons que les professeurs vétérinaires prendront conscience de cette dérive dommageable pour le mieux-être des chevaux. Espérons qu’ils cesseront rapidement de mentir à leurs élèves et enseigneront le reflet exact de la réalité scientifique. Il en va de leur crédibilité.

 

Pierre ENOFF   juin 2022

 

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