Pourquoi est-il inutile d’intervenir sur les sabots des chevaux avec des mesures de largeurs, de hauteurs, de profondeurs…

De nombreuses méthodes interventionnistes sur les sabots proposent de savants calculs et de précises mesures. Quand nous intervenons sur les sabots, nous sommes en configuration statique, immobile. Or nous souhaitons intervenir pour que cette interface entre le cheval et le substrat soit au maximum de son potentiel… en dynamique, en mouvement.

Comment prédéterminer le profil de la boîte cornée, se déformant, s’usant quand le cheval est lancé au galop ? Quels sont les hauteurs, les angles, les profondeurs de lacunes conformes… en dynamique.

Factuellement, il est impossible à quiconque de connaître la déformation et donc le profil idéal pour tel ou tel individu sachant que la façon de se mouvoir, la posture, l’aplomb sont propres à chacun. Il n’existe pas d’aplomb standard. Prétendre « rectifier » un aplomb en taillant un ongle frise le ridicule.

Seul le cheval est en capacité de « profiler » sa boîte cornée. Il assure avec précision la conformité par pousses et usures successives. Prétendre faire mieux que lui est bien présomptueux, et surtout impossible.

Profiler le sabot à coups de règle, de tracés alors qu'on le tient entre les mains, au repos, en statique, n’a pas de sens. Cette pseudo-science impressionne et perd souvent le propriétaire en conjectures. Cette approche, certes spectaculaire, ne manque pas de paraître hermétique et peut faire passer le conseiller comme étant érudit alors qu’il est ignorant de la dynamique ou, plus grave, mystificateur.

Ongle court et propre

Alors, que doit-on faire pour rendre opérationnels les sabots de son cheval et harmonieuse sa locomotion.

Nous le savons, la « nature » demeure la mieux-disante. Même avec de savants calculs, nous ne ferons jamais mieux.

Pour qu’un sabot soit rendu performant, il faut impérativement qu’il soit sain. La sédentarité, l’espace réduit offert au cheval, la pollution du sol, l’absence d’usure sur un terrain mou, nous contraignent à intervenir.

Il convient donc de permettre au sabot de retrouver sa fonctionnalité. La boîte cornée étant la protection rapprochée de la troisième phalange, elle s’organise fidèlement autour de cette phalange. Comme nous ne pouvons voir la forme précise de l’élément phalangien, nous allons nous attacher à permettre au cheval d’organiser lui-même la production sans qu’elle soit perturbée.

Pour cela il faut :

  • Exfolier tous les tissus dégradés, qu’ils soient présents dans les lacunes et sur la fourchette.
  • Oter le cal superflu ou dégradé, éventuellement présent sur la sole, afin de retrouver la concavité solaire, la forme inférieure de la troisième phalange. Surfaçage homogène du fond des lacunes jusqu’à la ligne blanche.
  • Contrôler l’état de la ligne blanche en pratiquant une taille de la paroi à angle droit du plan de la sole, afin de vérifier si des corps étrangers et/ou des bactéries s’y sont installés (fourmilière). Cette taille "ongle court", présente aussi l’avantage de permettre à la nouvelle pousse de la paroi, ensemble de poils agglutinés, de glisser à partir de la couronne et de s’organiser en suivant fidèlement l’angle de la troisième phalange. planche jointe.
  • Porter les barres, qui font partie de la paroi, à hauteur de la sole afin d’éviter qu’elles se couchent sur la sole et servent de refuge aux bactéries anaérobies.
  • Réduire une éventuelle invasion bactérienne en effectuant un brossage au vinaigre de cidre ou par bains de pieds dans une solution au bicarbonate de sodium.

 

Grâce à cette façon de procéder, la boîte cornée retrouve sa fonctionnalité dans les lignes exactes de la troisième phalange et ce sans avoir recours à des calculs inutiles, hypothétiques et illusoires.

C’est le cheval qui produit sa boîte cornée et qui en assure le profil conforme dès l’instant où il n’est pas gêné dans cette production.

Répétons-le : Le cheval est le seul capable de mettre en place une boîte cornée lui correspondant et répondant à son fonctionnement en dynamique, correspondant fidèlement à sa façon propre de se déplacer. C’est ainsi que le réglage fin des hauteurs en talon sera fait par usure sur la râpe horizontale que représente la route goudronnée. Un trotting d’un quart d’heure suffit à affiner le réglage en étant assuré qu’il correspondra exactement à la posture, aux aplombs du cheval.

Depuis des millions d’années, le cheval procède ainsi en usant sur un sol abrasif. Les conditions dans lesquels nous le plaçons souvent nous contraignent à intervenir pour que cela soit possible.

Les formations alambiquées…

Faut-il des mois, des années pour apprendre à tenir un ongle court et propre ? Faut-il des calculettes pour rendre un sabot sain et donc fonctionnel ? Bien évidemment non !

Le « sabot libre» est devenu un marché bien éloigné de la transmission d’un savoir pertinent, cohérent et clair. Nombre de méthodes, de formations alambiquées, fort coûteuses, restent bloquées sur la théorie de l’ongle porteur alors que c’est sur la fourchette, élément protecteur du coussinet digital, que le cheval se réceptionne.

Confirmons-le : le cheval n’est pas un onguligrade.

Les professeurs Nimbus du sabot, sur orbite de la cinquième dimension - cf. doc joint -, impressionnent leurs élèves perdus par tant de complexité. En revanche, ils n’impressionnent pas les chevaux, en capacité de gérer leurs sabots dès lors que nous les tenons courts et propres, ou mieux, que nous leur offrons un espace approprié.

Il n’y a nul besoin de protection pour les sabots. Ils sont les éléments protecteurs des troisièmes phalanges, efficaces dès lors qu’ils sont soigneusement entretenus. Une absence d’entretien perturbe la locomotion. Le cheval placé dans des conditions optimales assure lui même cet entretien. En configuration non optimale, nous devons intervenir.

La fonction créé l’organe mais l’absence de fonctionnement atrophie l’organe. Aussi, c’est par un entrainement régulier sur sol dur que la locomotion sera optimisée pour que le déplacement sabots libres soit harmonieux et performant sur tous types de substrats.

En bref, ce qu’il faut retenir :

Ce n’est pas le profil de la boite cornée qui modifie la posture, l’aplomb.

A l’inverse, c’est la conformation tendineuse et squelettique, l’aplomb propre à chaque cheval, qui adapte le sabot en le profilant par pousses et usures successives.

 

 

 

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