De trois à un doigt
Pierre Enoff octobre 2024
Durant la période des trois doigts du cheval, les deux doigts latéraux avaient pour fonction principale de participer à l’emmagasinement de l’énergie et à la mise en équilibre après l’impact au sol. Aucun des trois doigts n’était alors pourvu de fourchette.
La disparition des deux doigts latéraux va avoir pour conséquence le transfert intégral de la prise en charge de l’amortissement et de la mise en équilibre via le doigt unique. Le maintien de la partie osseuse s’opére grâce au développement de cartilages latéraux.
Pour assurer la mise en équilibre, la troisième phalange devient circulaire. Le doigt unique s’équipe d’un coussinet digital conséquent qui désormais reçoit seulles forces liées au déplacement. Elément protecteur de cet important coussinet digital, l’ensemble fourchette et glomes s’intalle en ouvrant largement l’ongle coté talon.
Pour des raisons simplement mécaniques, il n’est pas envisageable de laisser libres les bords de l’ongle qui s’est ouvert pour laisser la place à la fourchette. La solution est d’effectuer une pliure de l’ongle vers l’intérieur afin de ne pas le fragiliser. Cette pliure est qualifiée de « retour de barres ». Les barres sont donc la continuité de l’ongle. Il est possible que la terminologie de « barres » soit l’expression de la partie rectiligne de l’ongle au delà de la pliure. Faisant partie intégrante de la paroi, de l’ongle, les barres poussent et se rabattent sur la sole quand le cheval ne se déplace pas sur un sol abrasif. Il arrive que ces barres couchées soient qualifiées de « double sole ». C’est une erreur de qualification, les barres n’étant pas produites par la sole. Une autre interprétation fallacieuse prétend que les barres participent à la réception. Il n’en est rien puisqu’il a été démontré que le cheval ne se réceptionne pas sur ongle dont font partie les barres.